The day after yesterday

The day after yesterday

English version bellow

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12208399_461524694037762_5290732143285398740_nJe suis allée me coucher incrédule au vu des nouvelles, et me suis réveillée sous le choc. Plus de 120 morts. Des centaines de blessés. Premiers attentats suicides de l’histoire de France. En une nuit Paris est devenue Beyrouth, Bagdad, Nairobi, Tel Aviv. Les français choqués ne saisissent probablement encore pas l’ampleur du changement qui les attend. Les journaux parlent de troisième guerre mondiale, mais que cela soit vraiment le cas ou non, une chose est certaine : marcher dans les rues de Paris ne se fera plus dans une parfaite insouciance. Ce ressenti que l’on ne connait déjà que trop bien ici, va devenir le quotidien des parisiens et peut être du reste de l’Europe. Policiers et militaires omni présent, contrôles aux entrées des lieux publics, paranoïa a la vue d’un objet abandonné. Et puis la peur. Sournoise et discrète, mais continuellement présente. Le stress post traumatique.

Si j’ai pleuré hier, ce n’est pas seulement pour les victimes, c’est parce que je sais ce que vous endurez et allez endurer dans les prochains temps. Je connais le ressenti qu’il y a de retourner sur les lieux d’un massacre, savoir que là où vous vous tenez, toujours vivant, se trouvait une flaque de sang et le corps sans vie d’innocents. Je sais l’idée de soudain se dire que s’asseoir à une terrasse, prendre un bus ou marcher dans la vieille ville est un acte dangereux, risqué, fou même .

Au moins vous n’êtes pas seuls. Le monde entier témoigne de sa sympathie, y compris ceux-là même qui subventionnent la terreur. On rirait si ce n’était pas si triste. Vos amis vous ont appelé pour savoir si vous alliez bien. Facebook s’est inquiété pour vous et vos familles. Les monuments de la Terre entière se sont parés du drapeau tricolore. Alors déjà on entend ici «Pourquoi ne voyons nous jamais le drapeau bleu et blanc à l’étoile lorsque la terreur nous frappe aussi ?». Sur ce point, vous vous trompez mes amis israéliens : l’occident n’ignore pas seulement Israël lorsqu’il s’agit de la Terreur. Les attentats en Afghanistan, en Irak, en Afrique, la Syrie pendant des années, ne font guerres quelques lignes dans les journaux européens. Parce qu’ils ne comprenaient pas la terreur, la folie et l’absurdité d’une attaque aveugle, perpétrée au hasard des rues. Comment les blâmer ? Ne pensez cependant pas que cette indifférence sera désormais du passé : dans leur esprit, le Moyen-Orient est un terrain de guerre perpétuelle, nous sommes habitués, c’est « normal ». Paris, ce n’est pas normal.

Peut-être que nous sommes habitués après tout, mais ça n’en reste pas moins anormal, où que ce soit. Et la chance que nous avons ici c’est que nous connaissons l’ennemi, nous n’avons pas peur de le nommer et de le combattre. L’obscurantisme, l’islamisme qui gangrène les banlieues françaises, belges, anglaises, et se repend sans qu’aucun gouvernement européen n’ose s’y attaquer réellement. Les belles paroles ne serviront à rien. Ils veulent la guerre, ils mettront les pays à feu et à sang. Ils n’ont pas peur de mourir, alors il ne faudra pas avoir peur de les tuer. Il n’y a pas de discussion, de négociation possible avec ceux qui chérissent la mort comme on aime un enfant. Les journaux se trompent, la troisième guerre mondiale n’a pas commencé hier. Elle se déroule déjà sur la moitié du globe.

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Ce cartoon, publié en Juin 2015 dit : « Le plus grand défi de la troisième guerre mondiale sera de convaincre une partie de l’Europe et la moitié de l’Amérique, qu’elle est déjà en train d’avoir lieu ».

Alors à vous mes chers amis français, suisses, belges et tous les autres, ne le laisser pas gagner. Ne laissez pas la terreur dicter votre vie. N’arrêtez pas de sortir, de rire, de chanter. Danser comme si vous deviez mourir demain. Et aimez. Si nous ne sommes pas tous complètement devenus fous ici, c’est parce que nous savons que vivre est notre victoire.

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I went to sleep incredulous after hearing the news, and woke up in shock. More than 120 killed. Hundreds of injured. First suicide attack in the history of France. In one night, Paris has become Beirut, Baghdad, Nairobi, Tel Aviv. French people, still shocked, probably don’t realize yet how much their world will change. Newspapers are talking about the Third World War, but whether this is true or not, there is one sure thing: walking in the streets of Paris won’t be as carefree as it used to be. This feeling that we already know way too well here will become the daily life of Parisians and maybe the rest of Europe too. Policemen and soldiers everywhere, controls at the entrance of public venues, paranoia when seeing an unattended object. And the fear. Insidious and discreet, but continuously there. PTSD.

If I cried yesterday, it’s not only because of all the victims but also because I know what you will are experiencing right now and will go through in the coming days and weeks. I know the feeling of going back to where an attack took place, knowing that where you are standing, still alive, there was a pool of blood and the lifeless body of innocents. I know the idea that suddenly, sitting on a terrace, taking the bus or walking in the old city is a dangerous act, risky, even crazy.

At least you are not alone. The whole world shows its sympathy, even those who finance themselves the terror. We would laugh if it was not that sad. Your friends called to know if you were okay. Facebook worried for you and your families. Monuments around the World are displaying the blue, white and red flag. Here, some are already asking why we never see abroad the blue and white flag with the star when terror hurts us. On that matter, you are not totally correct my dear Israeli friends: the Occident does not ignore Israel only when it comes to Terror. Attacks in Afghanistan, in Iraq, in Africa, in Syria for many years, never get more than a few words in the European newspapers. Because they don’t understand the terror, the folly and the absurdity of a blind attack that strikes randomly in the streets. How could we blame them? Nevertheless, don’t think that this indifference will be over from now on: in their mind, the Middle East is a perpetual war zone, we are used to it, it is “normal”. Paris, it is not normal.

Maybe we are used to it after all but that still does not make it more normal, anywhere. And our chance here is that we know the enemy, we are not afraid to name it and fight it. Obscurantism, Islamism that rotten the French, Belgian, British suburbs and is spreading without any European government daring to tackle it for real. Beautiful speech will be useless. The want war, they will spread blood and fire. They are not afraid to die, so you will have to not be afraid to kill them. There is no discussion, no negotiations possible with those who cherish death more than they love their children. Newspaper are wrong, the third world war did not beginning yesterday. It is already happening on half of the globe.

D04A15FPSo my dear friends from France, Switzerland, Belgium and all the others, do not let them win. Do not let terror dictate your life. Do not stop going out, laughing, singing. Dance like you will die tomorrow. And love. If we did not all became completely crazy here, it is because we know that living is our victory.

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